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Michael est arrivé puis repartit

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Michael,

Aujourd’hui tu vas devoir naître… ou demain au plus tard parce qu’en ce moment ça ne va plus. Maman feel plus trop bien avec ta présence en elle. Tu auras fait 37 semaines au moins, mais là on n’a pas le choix. Déjà la semaine passée ça sentait pas bon… Tu t’y attendait n’es ce pas?

« Protéine dans les urines et tension artérielle élevée. Pas le temps de niaiser, tu sors de la clinique et tu te diriges directement à l’hôpital! » C’est ce que le docteur a dit à ta maman.

Je lui ai parlé, elle n’a même pas l’air inquiète! Elle est forte ta mère! « Il faut ce qu’il faut », elle m’a dit.

Le « protocole » a débuté le soir même. Ce n’est pas aussi simple que l’on peut penser de faire naître un bébé qui ne l’a pas encore décidé. Tu es si bien… Tu y resterais sans doutes encore quelques temps. En fin de soirée, je parle à ton père, je pense qu’il est bien excité de te savoir si près. Ta mère est enrhumée depuis un bon bout. Une mauvaise toux ne la lâche pas. Ce n’est pas comme si elle était top shape pour le marathon. Mais bon… Il faut ce qu’il faut. Prostaglandine, rupture artificielle, ocytocine même la dose maximale à double concentration…

Elle est vraiment très forte ta mère! Entre les contractions elle console et rassure ton père. Lui si touché, si attaché à toi et ta mère. C’est beau, touchant et vrai. Des âmes en pleine expansion. Voilà le matin qui se lève, un soleil magnifique mais ça ne va plus. Malgré tous les efforts, on a encore que 3cm de fait. Une nouvelle équipe arrive. Fraîche, dispo et motivé à tenter encore autre choses… En 27 heures, tout y est passé!

En ce moment, elle est moins forte ta mère! La fièvre et les tremblements ont remplacé sa fougue et son courage. Ils discutent, ils n’y croient plus. Ton père en a assez! Il se lève d’un bond et va dans le couloir discuter avec la docteur. Puisqu’Il faut ce qu’il faut et bien en ce moment c’est une césarienne qu’il vous faut!

J’attends dans la chambre le retour de maman. Avec sa toux, sa fièvre et sa césarienne, elle n’était plus forte ta mère. Et toi… Tu es à la pouponnière. Tu as besoin de surveillance. Après toute cette tempête, un gros câlin ne vous aurais pas fait de tord. Mais non, ce n’est pas dans le protocole… Ta mère a faite de la fièvre. Tu montrais des signes de méningite… Bref, traite, pique, test, traite, re-pique… Ça ne fini plus! Maman fait une pneumonie et est en isolement. Pas beaucoup de chance pour l’allaitement…

Ça fait près d’un mois que tu es à la pouponnière. Tous les tests sont négatifs, il n’y a pas de méningite mais il faut finir le traitement au cas où. C’est le protocole.

Enfin, congé!!! Tu as du temps à rattraper et des gens à rencontrer. Ta vie peut enfin commencer. La maisonnée est pleine de bonheur. Tu es une star. Tes parents sont de vrais paparazzis. Tu adores le camion de papa. Petit champion! Tu visites ta famille dans le bas du fleuve. Tu as 2-3-4 mois! Le temps file et je ne peux que constater tous les moments de pur bonheur que vous partagez tous les trois. Toute cette histoire est bien derrière.

Puis c’est arrivé. C’était un soir comme plein d’autres avant celui-ci. Tu terminais une bonne journée de bébé typique… Un réveil heureux avec ce sourire qui se répand sur ton visage. Une belle journée, pleine de jeux, de découvertes, de rires, de bisous et de câlins. Comme à tous les soirs, depuis 4 mois papa et maman t’ont bordé. Alors qu’ils s’apprêtaient à se coucher, tu as gémi. Papa est allé te voir, t’a redonné ta suce et est allé au lit. Puis le calme de la nuit jusqu’à l’alarme! Une grosse alarme! Le Angelcare qui sonne! Papa et maman se précipitent dans ta chambre. Tu es inerte, bleuté, tu ne respires plus…

Pendant qu’un tente de te réanimer, l’autre est au téléphone avec le 911… Tu ne t’animes pas… Tu ne respires pas… Tu n’es plus là… Le départ en ambulance, l’arrivée à l’urgence, les machines qui te gardent en vie, l’espoir que peut-être que… Le constat… Michael est mort…

Le matin se lève, encore magnifique, mais on ne le voit pas… On ne peut pas… Comment sera-t-il possible de profiter de la lumière du matin alors que la tienne vient de s’éteindre.

Nous t’avons pris par surprise avec ta naissance, tu nous as pris par surprise avec ta mort. L’un n’est pas la conséquence de l’autre mais une certitude plane : ma vie à moi, comme celle de tous ceux qui t’ont aperçu dans cette fraction de vie reste imprégnée de ta lumière. Ton court passage aura inspiré, protéger, transformé et embelli. Pour tout cela, je tiens à te dire merci. Merci à tes parents qui m’ont offert cette place privilégiée dans votre vie, dans ton parcours atypique et intense.

Je te garde dans mes pensées mimi.


 

Le syndrome de mort subite du nourrisson est une hantise pour beaucoup de nouveaux parents.  Si vous souhaitez en savoir plus sur le sujet, voici deux articles pertinent:

http://www.parents.fr/Actualites/Mort-subite-du-nourrisson-l-amenagement-du-lit-n-est-pas-le-seul-facteur-en-jeu-2198967

http://naitreetgrandir.com/fr/mauxenfants/indexmaladiesa_z/fiche.aspx?doc=naitre-grandir-sante-bebe-deces-syndrome-mort-subite-nourrisson

 

Le deuil d’un enfant de 0-24 mois s’appelle « deuil périnatal ». Perdre un enfant c’est perdre l’avenir que l’on s’était imaginé en sa compagnie. C’est dire adieu à des souvenirs que l’on n’aura jamais. C’est sentir un vide bien difficile à décrire. C’est perdre son chemin sans savoir où on allait. Certain dise que ce n’est pas dans l’ordre des choses et effectivement… Perdre un parent, c’est dire au revoir au passé dont nous gardons pleins de souvenirs. Perdre un conjoint, c’est perdre son présent, devoir changer son quotidien et revoir l’immédiat du lendemain. Chaque deuil est different et mérite du temps et de l’attention. Des étapes sont à franchir afin de poursuivre notre vie maintenant différente.

Des groupes de soutient existent un peu partout à travers la province afin d’offrir un accompagnement adéquat lorsque l’on fait face au deuil. Si vous faites face à une situation difficile, n’hésitez pas à aller chercher l’aide disponible afin de traverser cette épreuve le mieux outillé possible. En voici quelques uns:

Deuil périnatal Annie Fournier
(Vous y trouverai des ressources pour plusieurs secteurs)
nospetitsangesauparadis.com
1-800-567-1283 poste #2387

Parents Orphelins
l’Association québecoise des parents vivant un deuil périnatal
Tél.: (514) 686-4880
www.parentsorphelins.org
info@parentsorphelins.org

Maison Mon Bourquette
maisonmonbourquette.com
1-888-ledeuil (533-3845)

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