Le portage

C’est la nuit. Je dors de cet étrange sommeil de parents. Cet état dans lequel une partie de soi semble rester éveillée, alerte, guettant le moindre petit bruit alors que l’autre partie désespère à l’idée d’être encore interrompue. Car je sais qu’il sera interrompu, éventuellement.

Merci à Myriam Villeneuve pour ce texte et cette touchante photo!Puis je l’entends. Ce petit froissement de drap. Encore un mouvement. Puis un gémissement. D’un œil entrouvert, je consulte mon horloge. 3 heures piles se sont écoulées depuis que je l’ai regardée la dernière fois. Je pourrais bien la jeter à la poubelle cette horloge tellement tu es réglée à la minutes près! Cette idée me fait sourire et j’ouvre tant bien que mal mes yeux en m’extirpant lourdement du lit douillet. Tu as besoin de moi.  Je te nourris, je change ta couche souillée, je te berce.  Mais tu pleures. Je t’offre encore le sein, que tu repousses vigoureusement. Je fais les cent pas en te chantant des berceuses. Tu ne pleures plus, tu hurles! C’est l’une de ces nuits où rien de ne semble pouvoir te consoler. Alors que tes pleurs commencent à m’étourdir, je vois la pile d’écharpes dépliées qui traînent sur ta commode.

J’attrape la première sur le dessus. Je fais glisser doucement le
tissu entre mes mains.

Puis, machinalement, je m’enveloppe. Je croise. J’y fais glisser délicatement ta petite personne enragée. Ces gestes que j’ai déjà répétés cent fois me réconfortent. Ça va fonctionner, je suis bonne à ça. Il faut que ça fonctionne… Je sers les pans doucement. Ton corps se colle contre le mien. Nos deux corps s’épousent si parfaitement, chaque angle, chaque courbe se croirait moulé l’un sur l’autre. C’est ta place. Tu pleures encore mais je sens que j’ai la situation en main. C’est mon truc à moi ça! Je tire encore un peu sur le tissu dans une danse si familière qu’elle nous apaise dans sa douce cadence. Tes pleurs se dissipent puis s’arrêtent enfin dans un long sanglot, un soupir, puis ta respiration se fond dans la mienne.

La nuit est noire et nous enveloppe dans son silence. Je sens ta tête qui se dépose contre ma poitrine et qui s’abandonne, enfin. Je caresse ton dos et j’embrasse ton front. Le calme m’envahit comme une bouffée d’air frais. Je savoure cet instant. Un jour, bientôt, tu ne pleureras plus la nuit. Un jour, trop tôt, ton corps ne se moulera plus sur le mien. Mais ce jour n’est pas arrivé, tu as besoin de moi.
Merci Myriam Villeneuve pour ce texte et cette touchante photo!

 

Atelier de formation sur le portage privé ou en groupe

L’atelier, privé ou en groupe, est d’une durée de 1h30. Dynamique, coloré, sympathique et vivant, l’atelier vous permettra de démystifier différentes techniques afin de tirer le maximum de bénéfices pour le porteur, le porté, et ce, sans douleurs.

Le portage physiologique, choisir son porte bébé, les règles de sécurités en portage, les différences selon l’âge, sont quelques uns des sujets couverts lors de l’atelier.
Grâce à différents porte-bébés, l’information est plus concrète et la pratique bien plus amusante. Des poupées sont à la disposition de ceux et celles qui ne peuvent avoir leur bébé avec eux, futurs parents, vous êtes donc les bienvenues.

 

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